Des drapeaux brûlants de fièvre se sont levés l’autre jour
Dans nos esprits inquiets et suspendus à l’ Espoir de vivre mieux.
Les quelques brumes matinales se sont évanouis dans les cieux
Des campagnes et nous avons voulu entre nous un peu d’Amour,

Ou quelque chose qui lui ressembla, quel qu’en soit la raison ou le lieu.
Mais les rivières sans âge ne nous ont pas permis de nous rencontrer.
Les herbes hautes, humides si longtemps, ont freiné nos pas, mieux
Que la pluie ou la boue, et nous nous sommes perdus dans les prés.

Éloignés puis réunis à nouveau avec le Chant de la Terre, bientôt
Des oiseaux de cristal suspendus au haut des saules nous ont offert
Une Symphonie idéale de petits chants. Puis, secrètement, dans un Concerto

De mouvements d’ailes, ils se sont frottés les uns aux autres dans la lumière
Tiède du couchant, sans se connaître ou bien à peine et sans jamais s’effaroucher !
C’est ainsi que, durant le temps raccourci d’une nuit, nous nous sommes aimés.