J’ai senti les parfums de l’aube.
J’ai admiré les grands arbres de la rivière.

Les cours d’eau m’ont salué avec leurs petites pierres.
J’ai applaudi aux saisons nouvelles.

Quelques jours j’ai cru pouvoir assouvir
Ma frénétique et sensuelle passion de vivre.

La mer chaude comme un lit en hiver
Me donnait l’illusion d’être libre.

Le ciel capricieux comme un enfant fier
Grommelait des choses inaudibles.

Les pluies dansaient dans le lignage
Des soirs défaits.

L’azur tenait son langage
Imparfait.

La Nature n’avait que faire
Des nuits incomplètes.

Tout le Monde voulait plaire
Et faire la fête.

De mon côté
J’ai préféré m’allonger

Parmi les jeunes oiseaux
Rêver de migrations et de sources d’eau…

J’ai grandi avec l’idée que je me faisais du Monde :
Un étang où ne s’entendent jamais les crapauds !

J’ai senti les parfums de l’aube.
J’ai admiré les grands arbres de la rivière.