I

Les tournesols cernent l’étang.
Les peupliers érigent leur destinée.
De dénombrer les arbres il n’est plus temps.
De tous nos yeux, nos regards sont les aînés !

À voir filer les gares les vitres s’entendent.
Les troupeaux immobiles salissent les herbes.
Il n’est pas d’ombre assez fière où la lumière ne tende.
Je veux, de mon amour, à tes pieds poser la gerbe.

II

Les fleuves n’ont pas assez
De soupirs ni de pleurs
Pour que les fumées des feux
D’été ne les effleurent.

Je sais des granges habitées de bêtes lourdes.
L’appesantissement des toits de chaume.
Des troncs d’arbre sans écorce sont le siège de sourdes
Conquêtes. Les insectes y construisent leur royaume.

III

Bientôt, le crépuscule sur les hameaux
Écourte l’aventure des oiseaux.
On croit toujours avoir le temps dans le silence
De nos émois, avoir le temps.

Mais les tournesols cernent l’étang.
Les peupliers érigent leur destinée.
De dénombrer les arbres il n’est plus temps.
De tous nos yeux, nos regards sont les aînés !