Des fleuves sans rive de nos âges
S’écoule l’enfance de nos jours.

Tant de rivières par nos songes
Consument la fleur de nos âges.

Et puis toujours,
Et puis toujours,

À l’approche des soirs désœuvrés,
La trace mortelle de nos ivresses !

Tant de regards sur nous éparpillés.
Et tant d’autres aussi désabusés,

Autant que nos cœurs grimés d’amour,
Autant que nos âmes délaissées,

Aux sources haut perchées de la mémoire
S’en vont boire les souvenirs de l’enfance !

Il s’agit d’étancher sa soif de vieilles histoires
De ce temps passé au fond de tiroirs immenses !

Tant de rumeurs et tant de pluies
Effleurent le cours de nos vies.

Et puis toujours,
Et puis toujours …

Mais des eaux suaves et âcres dont jadis
Nous convoitions la fraîche nouveauté,

Dieu qu’elles nous paraissent insipides
Et fades aujourd’hui.