« Qu’apprend le chant mystérieux
Du ressac à vos beaux yeux ?! »

 

I

 

Comme une jeune femme, brune et attentive,
Longtemps parfume son Corps alerte,
Les vagues premières de la rive
Embrassent la chair transie des sables.

Comme la musique incessante du ressac
Accomplit sans faiblir son œuvre inerte,
Soupirent, derrière le parfum bondissant
Des fleurs, les femmes offertes !

Quelle lune innocente
N’a jamais convoité la peau
Blanchâtre et les yeux amoureux
Des filles au cœur folâtre ?

L’eau du ciel se blottit
Quelquefois, dans les bras
Voluptueux des sables, au-dessous
Des vagues aux eaux meurtries.

Et la mer infranchissable ne sait
Épouser le ciel, aux désirs vastes,
Qu’au moment rare
Où les sables frémissent.

 

II

 

Et la mer inaltérable invite même
Les filles légères, souvent bien tôt,
À sourire aux hommes
Fussent-ils chastes.

Et les cieux finissent toujours
Par épouser la mer. Cette mer
Avec tous ses flots porteurs
De poissons souvent décevants !

Et puis les cieux ne séduisent-ils
Pas toujours l’Ocean bleu
Court-vêtu de vagues roses,
Luxueuses, farouches, amères ?!

Mais à vous qui, dans l’ombre,
Respirez simplement
L’embrun de cette houle,
Que dit le bruit doux de ces vagues

À vos yeux sombres,
À votre esprit tranquille?
Qu’apprend le chant mystérieux
Du ressac à vos beaux yeux ?!