Comme les vents sombres courtisent les traversières pluies,
Depuis longtemps fréquentent le « Café de Flore » à Paris
Les hommes d’affaire et les femmes coquettes.

Bien-sur, ils n’y vont qu’y fondre leur ennui
Dans l’osier pâle et vert de leur conquête !
Mais les femmes n’y sont pas toujours aussi belles.

Et leurs bouches entrouvertes témoignent aussi
De soupirs profonds, de souvenirs anciens, d’amertumes
Consommées quelquefois d’indicibles Jalousies !

Mais le ciel depuis peu s’est assombri. Et tandis
Que les garçons arithmétisent leurs comptes
Les hommes habiles se courbent en civilité.

– Je n’ose guère imaginer, un soir d’automne,
Pousser la porte à deux battants du « Flore »,
M’asseoir dans un coin sous la verte terrasse vitrée,

Avec, comme un décors de théâtre tout autour,
Les visages tournoyants et perdus, et moi,
Assis à mon tour dans une chaise en osier …

Moi disais-je … Ayant fixé rendez-vous avec la mort !