Il est dix-sept heures trente
Et le sol est mouillé.

Les hommes et les femmes glissent
L’un dans l’autre.

Sur la terre qu’ils habitent,
Sous un ciel brouillé,

Ils ne sont guère désœuvrés
Au moment où ils prononcent leur flamme !

Elles ont pour eux des yeux
Aussi mystérieux que ceux des brahmanes !

Peu s’en faudrait au reste que l’encre habile
De ceux-ci n’incendie le fond de nos âmes.

Je les aime autant qu’il est malaisé de les aimer.
Que sont-elles pourtant à côté des fontaines ?

Je les aime autant que,
Libres et farouches, les scorpions

De leurs cheveux, vifs et sournois,
Courent dans leur tête.

Mais le limon de la terre
Fertilise aussi leur espoir de conquêtes.

Et le ciel, et le ciel ne s’ouvre
À toute pluie qu’en souvenir des trottoirs.

Il est dix-sept heures trente
Et le sol est mouillé.

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