I

Comme, à craindre le dos cossu des longs Ennuis,
Les fleuves purs de nos songes ont dressé

Leurs murmures, les pluies étourdies
Des souvenirs abreuvent nos errances.

Et les soupirs glapissants des femmes inertes
Soufflent sur nos âmes l’intemporelle usure.

– Mais que dis-je ? La plaine aussi avec toute la Nature
Est remplie de songes à accomplir et même à vivre.

II

C’est un peu comme si la mer
Avec le sable projetait de se marier,

Ou l’Ocean avec les astres éperdus, avait l’idee
De Négocier un commerce clandestin.

Mais l’Or du soir s’en prend quelquefois
À la fin du jour un peu triste.

Au dessus des pierres, les brumes lourdes, sombres,
Altières suivent la piste du troupeau des petites ombres.

III

Hélas, malgré les heures dressées à se taire
Face aux vents, malgré tous les instants

Où le temps appelle la durée même
Au secours de ses épanchements,

Malgré toutes les nuits où les parterres
De fleurs grisées sont invisibles au fond des jardins,

Les pluies étourdies des souvenirs abreuvent nos sentiments
Ballotés par tous les vents avec les images grimées de notre Enfance.