Œuvre noble que toute naissance !
Et nos sens nous en sont témoins.
Tant de vents et tant de pluies
Ont fait office d’indécence
Au front de notre Ennui, non loin
De nos désœuvrements,
À la face de nos jours.

Œuvre noble que toute naissance !
Et de la hauteur des vents parfois
Les plus hautes herbes présagent.
Les blés eux-mêmes laissent blondir
Leurs épis en prévision d’autres souffles.
Et de mer quelquefois tant de champs
De terre semblent des bras.

Œuvre noble que toute naissance !
Tant de bois profonds aux forêts de silence,
Par nos gestes maladroits et vaincus, jettent
Aux orties nos alliances décrépites et nos âmes
Sans vertu. Mais sous les feuilles mortes recouvrant
Un sol immense fourmillent toujours en grand
Secret des millions d’insectes déçus …