Je suis arrivé au pays
Où naît le soleil brûlant.
Je n’ai pas pris le soin urgent
De convertir mes sentiments.

Il n’y a pas de lumière
Là où les cœurs sont noirs.
Il faut se dire aussi
Que le soir vous soit clément.

Je suis arrivé au pays où, jadis,
La douleur d’amour fut immense.
J’ai compris depuis combien cruelle
Est celle de ne plus se savoir aimé.

Il faut du temps pour que
La nuit assassine les Ennuis.
Tout se passe comme si
Le ciel ignorait les ruelles.

Les fleurs n’épousent jamais
Les arbres même si
Les jeunes pousses, longtemps durant,
L’auraient aux arbustes juré.

Il ne faut pas longtemps aux jeunes femmes,
Sentinelles des sentiments ravis,
Pour qu’elles embrasent de mille flammes
Le coeur des jeunes hommes apprentis.

Et si le jour voulait bien
Cueillir la rosée de leurs sourires
Alors sans doute la nuit
Serait remplie d’étoiles !

Je sais l’aube de ce pays enveloppante
Comme un duvet. L’azur lentement
Se dévêt mais jamais je ne vis
L’Amour confier son voile !