Au fond d’un long couloir,
Tout de carrelage revêtu,
Les propriétaires ont installé
Ce qu’au dix-huitième siècle
On appelait un cabinet d’aisance,
Lieu où étaient placées ce qu’on nommait
Les commodités, espace que l’on nomme
Aujourd’hui communément :
Les cabinets.

– Ils ont ainsi perdu beaucoup d’espace.
Voilà bien ce que se diront tous les gens avisés
Qui s’entendent en économie
Et en bonnes paroles.
Et puis il y a la hauteur du plafond :
Environ cinq mètres !
Dans ces conditions il faut bien croire
Qu’un couloir, jadis allant peut-être
D’un salon de lecture à une chambre d’hôte,
Est aujourd’hui une impasse au bout de laquelle
La céramique blanche réveille à peine
Le bleu et le gris du carrelage.

D’ailleurs il en est ainsi.
Et j’y trouve pour ma part
Un lieu de grande poésie
Où l’on peut notamment
Y méditer à loisir.
Ici le sol est bleu comme la mer,
Les murs gris pâles tels un ciel d’automne, le plafond
Haut et blanc comme les nuages dégagés.
Tout un couloir immense pour soi,
Devant soi, où l’écho de sa propre voix
Vous accompagne quand vous lisez.

Je n’ai pas assez vécu peut-être
Pour apprécier davantage les proportions
Où l’usage d’un lieu
D’habitude soumis à d’autres soins.
Je ne sais rien du Monde
Ni même de loin en loin
Des lumières à venir.

Mais au fond d’un long couloir,
Tout de carrelage revêtu …