Qu’entendez-vous par vos noirceurs,
Ombres qui n’avez de cesse
De vous étendre ?

Je sais des pierres comme des pavés :
Mes sœurs comme des galets
De cendre !

Quelle aube a surpris votre corps sage :
Lumière qu’un souffle d’ombre
Déprécie ?

Je n’ai plus envie de vos soupirs languissants :
Images fardées des soirs
Indécis !

Avec le vent, êtes-vous, ma sœur,
Venue d’un pays d’une langue
Inconnue ?

De proche en proche, des heures durant,
J’entends venir des silences de roches,
De vous à moi, autant que d’eaux montantes.

À propos, n’avertissez pas encore ceux qui,
Trop soumis à la tempérance de leur âme,
Soupirent en silence leurs secrets de conquête :

Ils ne savent toujours pas si,
D’un astre ou d’une fleur,
Vous êtes le portrait.

Je sais, moi, que ni de l’astre
Ni de la fleur, vous n’avez l’intempérance.
Ni du soir sur le monde : l’indifférence.

Ni des ombres sur la terre
Toute la noirceur, ni des pierres
Ni des galets : une quelconque cendre !

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