Et que,

Supposons que, des années-lumière durant,
Se soit clairsemé d’astres l’azur. Et que,
Devant cet azur presque sans étoile,
La lumière se soit éprise
De vents violents,
Annonceurs de
Franchises
Nouvelles.

Supposons, amoureuses de leur si singulière
Brillance, toutes les pierres précieuses :
Diamants, rubis, émeraudes
Et tous les mots sur les choses
Radieux comme des prières.
Dans le silence des forêts,
Qui se soucie des vertus
De l’Enfance ?

Supposons, fleuri d’hypnoses
Le parterre éperdu du Langage.
Embaumé d’enivrantes essences :
La chambre lumineuse des mots !
Mais que les astres sont beaux,
Incendiaires de mes amours,
Brûlés sur le parquet
Glacé de mon âge !

Supposons que les soupirs se soient tus
Avec le dernier carré d’étoiles.
À cet art d’être simplement le jour
Supposons le jour même s’évertuant.
Mais de ces heures fugitives
Où je m’entraîne à mourir,
Celles qui se retirent sont aussi celles
Dont j’ai souvenir.

Supposons que l’on adresse au temps
Le secret languissant des jours anciens.
Mais il faut davantage qu’une caresse,
Qu’un regard, qu’une parole
Pour que l’azur vous soit témoin et
Vous renvoie à sa beauté originelle.
Supposons que l’azur ait avalé la Vérité
Et qu’il se soit étranglé,

Et qu’il ne s’en soit jamais remis.
L’Amour,
Avec tout son cortège de hasards,
De rumeurs, de flammes vives…
L’Amour
S’est approprié la nuit
Avec tout son équipage
D’étoiles sans âge.

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