I

L’autre jour, c’était hier,
J’ai fourni cette riposte aux vents
Dont la surdité déclamait la force.

L’autre jour, c’était hier,
J’ai vu se balancer les paravents
Jusqu’aux rives de l’écume…

« Vous, dont les rixes sont coutumières,
Écoutez, dans le cou des jeunes filles,
La soie crisser ! »

II

Et même si les sables sont à vous
Toujours semblables, une voile sur les flots
Vous fait cet affront d’insouciance.

Souffrez, vents de grand prestige, qu’à ce jour
Apparus, les oiseaux n’épousent plus
L’aire de vos ébats.

Rangez, vents de haute lignée, dans le coffre
De vos chevaliers d’honneur vos baisers
Langoureux comme des poulpes lascifs …

III

L’autre jour, c’était hier,
J’ai fourni cette riposte aux vents
Coureurs décevants de toute rive …

Et de leur force personnelle
J’ai puisé cette force même
Et que je livre :

Qu’entendiez-vous par là,
Briseurs de lames, souffleurs d’engeances,
Casseurs de hautes pierres par la nuit ?

IV

Qu’attendiez-vous de vos ébats,
Brouilleurs de pistes, joueurs de grands
Souffles, transperceurs de pluies ?

Et vos naissances nous sont
Profitables, et le savez.
Et votre aisance nourricière.

Enchanteurs de cavernes enfouies sous les falaises,
Profiteurs d’ailes litigieuses, farceurs incontestables
Durant les après-midi d’aise et d’agrément… »

V

Que riiez-vous dans le fossé des marées ?
Entre vous bien amarés, que brisiez-vous
Les reins des plus belles couvaisons ?

Rien, car depuis ce jour, et donc depuis
Longtemps la seule réponse qui puisse
Vous être acquise est peut-être celle-ci :

Vous, dont les rixes sont coutumières,
Souffrez que vos forces nous soient futiles.
Charmeurs de roses, et vos paroles bien inutiles.

VI

Par vos naissances les plus hautes,
Marieurs d’accointances tandis que
Le monde entier des choses

Se nourrit de vos états de faits. Rien. Autant
Que les jeunes amandiers ne s’enorgueillissent
Plus désormais de leurs états de fruits.»

O cette pourpre vive de leurs fleurs
Dont les couleurs effrayantes,
Savourent le goût nouveau !

VII

Et dire que la nuit est tranquille, depuis peu,
Tandis que les vents ignorent toujours leur ignorance,
Que les vents ignorent toujours leur violence…

Dire que la nuit est tranquille, depuis peu,
Tandis que les vents éperdus soufflent même sans
Le savoir sur les hauts remparts de la Mémoire.

L’autre jour, c’était hier,
J’ai fourni cette riposte aux vents
Dont la surdité déclamait la force !

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