Quelle muette ambiguïté souffle sur nous tous
La porte s’ouvre et tout s’éteint
Chaque lieu se déplace à la vitesse voulue

L’herbe pousse sans le vouloir
Chaque tête est une tige
Et mon cerveau apparaît peu à peu

L’Afrique somptueuse surgit au galop
De ses lourds éléphants noirs
Chaque homme possède sa parcelle d’Universalité

Si la plume de ta voix
Pleurait dans mes oreilles
J’atteindrais peut-être les régions arides

Verte et jaune comme les couleurs connues
Toute la terre s’évertue à rendre à chacun
Son besoin et sa vertu

Tout l’or du monde ne suffit pas
À ce trou que je creuse
Au plus profond de moi-même

Tes yeux sont des pépites d’or
Renversantes et rafraîchissantes
Avec des éclats de fraîcheur

Fauves et gazelles
S’échangent goulûment
Des baisers de terreur

Soif et désaltération supplantent
Cette vieille conscience que nous avons
De l’extrême chaud et de l’extrême froid

Des trombes de gouttes vineuses sourient
À l’arbre qui se couche de tout son long
Le Monde s’endort dans une chaude lumière

O ces joncs violets et qui font peur
Heureusement que les ronces
Effleurent seulement le buis

Blancheur et douceur d’une nuit africaine
Blancheur et moiteur des vastes pluies souveraines
À cet endroit où tout repose et où tout veille

La course folle des animaux migrateurs
S’achèvera peut-être là où d’autres pareils à nous
Auront décroché l’étendue…

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