Que tu es belle
Mon enfant que j’appelle
Laetitia !

Bel enfant
Qu’un doux sort
Me confia !

Au pied des bambous,
Hautainement,
Se sont penchées les ombres
De tes pas.

Non loin même de leur souche,
Aurais-je brisé en cet endroit
Et mon Ennui et nombre de mes tracas
Si ce ne fut pour toi ?!

– Sans doute !

Mais cette nuit,
Tout ton être
Est entré
Dans mon être.

L’Aube volontaire et servante
En habit de beauté
S’est nantie de fraîcheur de menthe
Autant que ton sommeil le permet.

Bientôt, à la fleur de ton âge,
Le jour tiède ouvre ses portes larges,
Depuis peu entrouvertes sans doute
Puisque la lumière de tes yeux n’en doute.

Mais voilà que subitement immense
L’Espoir idéal qui s’engouffre, bouleverse
Les cannes vertes et hautes des bambous
Qui cèdent à leur tour sur son passage.

– Céderont-ils quelque temps encore
À tes charmes sages, ces regards clairs
Qu’aujourd’hui je te porte,
Moi qui ne suis pas sage ?!

– Sans doute.

D’ailleurs, petite fille de ma vie,
Des ombres et des rancœurs de jadis
Qui de moi à ce jour s’en soucie ?!
Lesquels de mes états d’âme soupirent encore ?!

À propos voici qu’à tes tout petits pieds frêles
Je veux déposer bientôt, ici, maintenant
Que tu me souris, telles des paroles déjà dites,
Ces quelques mots écrits :

 » Que tu es belle
Mon enfant que j’appelle
Laetitia ! «