Il n’y a pas d’ombre là
Où la lumière resplendit.
À suivre le cours sage de vos jours indécis
Une plume quelque part s’enhardit.

Dépose-t-elle une encre sombre
Non loin de vos cheveux noirs ?
Nul ne sait la couleur du hasard.
Et quoique vos yeux troublants

S’enflamment un peu trop souvent,
Ne vaut-il pas mieux se réjouir d’une
Flamme connue qui quelquefois nous
Incendie que d’une braise d’infortune ?!

Nul ne sait, le long de l’allée bordée de fleurs,
La passion des graviers pour les parfums et les couleurs
Des herbes tendres et qui vivent pourtant depuis longtemps
À côté des fleurs vénéneuses autant que décevantes !

Or voilà que des mots viennent, je le remarque,
De déposer sans le savoir quelques marques
Sur la page blanche et qui subitement
Semble devenue presque  noire…

Et que disent-ils au fond que nous
Ne sachions déjà, ces mots qui s’en vont ?!
« Quelques frissons d’aise qui me seraient venus
À cette simple idée de vous revoir… »

Non, ils ne le disent pas encore.
Et pourtant je sais qu’ils disent déjà
Beaucoup d’autres métaphores notamment
Sur la lumière de votre jour et de votre ombre.

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