1. Mer.

Des parquets de lames et de perles,
Des portes de brume, dorées,
Suspendent les regards attentifs de la croisée !
À l’orgie verte des fiers espaliers,
L’air saturé livre peu à peu,
Lascives et bleues,
Ses embardées de lumière !

L’Or vacille au dehors,
Frôlant les grèves, les digues et le port.
Et du concert étonnant de l’océan vivant,
Les cheminées s’étirent et crachent
Leurs plaintes qu’on a conçues
Afin de nous divertir. L’Or précieux
Berce l’instant qui se fige !

Au creux noir des vases portuaires, échoués
Ou laissés en rade, les soirs de prison
Ou de danses, les aubes nouvelles que l’on croyait
S’évertuent à renaître indéfiniment pour le périple
Longtemps convoité et presque toujours aveugle
Du vin lourd dans les gorges profondes
Et des beaux flancs vers l’orgueil personnel !

2. Terre.

La plaine aux arbres vagabonds
Danse
Sous les coups des galets venus
Des mers !

La lune, aux si beaux regards doux,
Blanchie et leurre
Les grands corps morcelés des coups
Qu’on effleure.

La plaine, aux saines frondaisons,
Verdit et vole
Au secours des rais de lumière et de frissons
Clairs et veules.

Ô cette lune, aux regards doux,
Qui les jette
Aux corps lourds, morcelés des coups
Qu’on regrette !

Âpre mer, pauvre corps,
Suave lune, lucide plaine,
Frissons veules,
Frondaisons saines :

À nous l’oubli des lâches mentions,
À nous l’extase harmonie du frisson.
Ô ces taches d´aube par essence même
En explosion de phosphorescences…

3. Ville.

Et la pluie des villes n’est pas le seul obstacle.
Les cabarets s’ouvrent aux instincts inassouvis
Des Yeux et des Cœurs.

La fièvre dégorge la nuit de tout son air
Et de toute éternité.
Ô liqueur et rancœur de l’Ennui !

Les sources belles des femmes
Répandent sous les regards anesthésiés
Des hommes les saveurs inouïes

De leurs grappes excentriques !
Ô ce complexe de vivre à l’écart
Des mouvements de ce genre !

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