J’entends ce matin des bruits.
Ce sont des voix humaines,
De femmes surtout, d’enfants parfois,
Se divertissant. Je souhaite votre venue,
Surprise s’il se peut. Je soupèse
Ma présence dans ce lieu qui s’éteint !

J’accrois ce calme-plat soudain
De ma transparente lucidité.
Je peins votre corps agrémenté
Du passage d’un soleil :
Ô Lumière dansante et vermeille,
Immobile dans cette aube apprêtée !

J’imagine vous voir à cet endroit :
« Surplombante féerie de cristal »
Que vous êtes dans mon esprit.
J’entends des respirations goûter
Lentement les senteurs éprises,
Âcres et fraîches des brises marines …

Je vois tout près, comme sous-titrées de langues
Inconnues, des brèches de corps parus.
– Vous revoir ! Et puis dusse-je égrener
Sans trembler vos larmes de virgules,
Vous devoir des montagnes d’excuses
Pour vous avoir laissée seule.

Enfin ce triste matin d’été,
Quoique si plein de folles passades,
Ou si joyeux de tendres embrassades,
Sans avenir et sans surprise,
S’effeuille sans rien dire
Tel un blafard matin d’automne.

J’entends ce matin des bruits
Qui peu à peu disparaissent.
J’entends des fuites de pas
Sur l’asphalte qui s’épuise.
J’entends des rires frappés
De temps morts,

Des gorges repues
S’esclaffer brusquement.
J’entends des cris lointains,
Avec de brusques éclats de voix,
Des soupirs et des paroles
Prononcées doucement…

J’entends ce matin des bruits.
Ce sont des voix humaines,
De femmes surtout, d’enfants parfois,
Pleurant. Je souhaite votre venue,
Surprise s’il se peut. Je soupèse
Ma présence dans ce lieu qui s’éteint !

J’accrois ce calme-plat soudain
De ma transparente lucidité.
Je peins votre corps agrémenté
Du passage d’un soleil :
Ô Lumière dansante et vermeille,
Immobile dans cette aube apprêtée !

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