Sous la lumière des soirs fêtés
Au ciel presque entrouvert,
Une ligne de parapets
Se souvient de vos yeux verts.

– La nuit déposait nos deux cœurs
De cristal. Les pierres frissonnaient
Sous nos pas gracieux de fleurs.
Les étoiles parvenues étincelaient !

– La lune immolait l’urne bleue
De la mer. L’Espérance amarrait
Ses victoires de corsaire.
Nos paroles s’égouttaient en perles !

Aujourd’hui, sur le même angle,
Un oiseau s’est posé. On dirait un recueil
De poèmes en prose qui chantent. Sous
La lune apprêtée l’aube irascible dévoile

Son infrangible timidité. L’oiseau
S’enchante ! Comme une tendre
Mélodie enfantine, la fuite d’arpèges
Signifiant sans doute l’Oubli.

Un courant d’air chaud  venu d’un ciel
Immense et beau brise la fuite éternelle
Du temps. Le souffle du soir signifiant
Sans doute l’irréfragable Espoir !

Tel le bond subi du fauve sur sa proie,
C’est l’effroi du contact des deux peaux.
Les griffes, baisers posés, froids et chauds.
À l’orée d’une caverne ou le long d’une paroi.

___________