O vivre, vivre, vivre – Vivre plus que jamais.
Changer sa vie pour d’autres bien plus vives.
Remuer ou danser ses hanches de fantaisie.
Amoureuses rêveries au sable de quelque rive.

Oui. Changer son corps pour un autre, peut-être
Davantage en accord avec ce que l’on croit être :
Vite la peau d’un prince qui reste à couronner.
Tout de suite celle d’un sorcier bien ensorcelé.

Humer toutes les senteurs des fleurs offertes.
Laisser son esprit vagabonder de mieux en mieux.
Vivement , tel un volcan qui sommeille, certes
Avec prudence, allumer de forêt quelques feux.

Blondir avec le Soleil !
Salir le sol poli d’un perron avec la terre
D’un sous-bois. Négocier sa force avec l’envie
Irrépressible de courir au parc d’un palais.

S’entretenir avec le vent.
S’éparpiller comme un fou.
O festivité ancienne
Du palais d’un jeune prince.

O diadèmes balancés de porte en porte.
O sourires maquillés de violettes pensées.
O courbure des fronts qui sortent – Départ
Du seul fantôme dansant et sans rancune.

Changer sa vie pour des draps blancs.
Vivre sans matière à vivre.
Il existe un catalogue de toutes les vies à distribuer.
Toutes les vies offertes à chacun d’entre nous.

O verte fantaisie.
Mais sortez donc de vos tanières, immobiles et reclus :
Princes sorciers ou fantômes !
Secouez vos vieilles habitudes de vie.

Apportez aux geôliers toutes les clefs nécessaires.
O noires serrures à dérouiller.
O splendides corps de désert.
Changer son corps longtemps durant.

Vivre, vivre, vivre – Vivre plus que jamais.

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