Par dessous le Soleil
Osseux et ardent,
Comme un crâne fier
L’Enfance s’est assise
Qui admire la mer…

Derrière les statues de chair
Dépourvues d’âme,
Seuls,
Les insectes sont bien !
Parmi les arbrisseaux,

Les roches poussiéreuses
Blessent le corps des humains.
C’est un peu comme si l’imprudence
De leurs mains, de leurs pieds gigantesques
Aveuglaient les plus proches planètes…

Et si un seul de leurs gestes,
Surpris subitement,
Apprenait à l’esprit sa faim,
Sa soif, son véritable destin
Au cœur même de la pierre !

Avec leurs bras et leurs jambes
Ravivant dans l’air
Les flammes du bel astre,
L’endroit est feu désormais
Partout sous le Soleil osseux.

L’endroit est feu pareil
À la bise de l’hiver…
Derrière les statues de chair,
Brillante et filante
Comme un cavalier de la nuit,

La Beauté s’enorgueillit !
Là où tant de plantes savent
Entendre le bruit que font les silences,
Ostensiblement,
Non loin des ruines et des ronces,

Tout blottis au flanc des anciens palais,
Deux petits sourcils se froncent
D’avoir trop attendu le Soleil !
Deux petits sourcils s’exaspèrent
D’avoir trop espéré la lumière du Jour !

Avec ce qui reste du peu d’embrun, d’écume,
Du peu de sable sur les grèves,
Les bambins fiers et noirs,
Comme l’encre des poulpes,
Roulent mélancoliquement

Leur ballon bien rouge, bien blanc…
O cette boule vermeille qui semble
Leur sang ! Par-dessous le Soleil
Osseux et ardent,
Comme un crâne fier

L’Enfance s’est assise
Qui admire la mer …

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