À l’orée des rosiers aux jupes millénaires
La rose solitaire rougit derrière les feuilles.
Parmi le gravier sombre, au seuil des jours sans fin,
Et ses sépales s’embellissent…
Et ses sépales s’aigrissent avec le temps…

À l’orée des rosiers sur la rose à part entière
S’escriment les vents et les brises.
Grandement fières s’estompent
Les moissons et les pluies, conversent,
Par instant, les cigales circonspectes.

À l’orée des rosiers
O ce ramier, cette grive empaillée.
Près de pontons détruits, ces êtres
D’il y a longtemps,
Semblables aux chauves-souris,

Apeurées des ronces du jour
Non loin des risques qu’elles courent
Tout comme l’androgyne rosissant !
À l’orée des rosiers
Sur la rose à part entière,

S’en sommeille un de ces oiseaux fiers :
Yeux de paravent parmi du
Soleil rose et blanc,
Et puis sottement afin que
La lumière me surprenne…

À l’orée des rosiers,
O ces digitales palmures,
Les pluies ont brisé leur élan,
Les flûtes ont craquelé leurs atours.
Et les brouillards ont sans doute

Sali la mer, en raison
De quelques coups de vent
Innocents et fuyards.
À l’orée des rosiers
Sur la rose à part entière

S’épousent la rosée fragile
Avec le petit matin fier.
Parmi les cadavres d’oursins,
L’absolue allégeance
Des mâts de chaloupes rompus

Aux bancs des rives et des ports,
Les sables grandiloquents
Des petites villes de bord de mer
Assistent sans effort
À la mouvance des vents de l’est…

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