« L’état de Poésie » correspond à cette liberté
D’esprit et de sens quelquefois
Simultanément embrassée.
« L’état de santé » du Corps d’un homme et de tout
Cet amas de chair et de sang  fonde et ainsi
Permet de faire jaillir cette Innocence
Indispensable de cet instant à boire d’un trait !

Quelques minutes suffisent bien souvent,
Qui correspondent à ces « états ». Et, comme au loin
Le ciel se mêle fréquemment à la mer écumante,
Le petit jour au parvis du Château, le poète n’a de prise
Toutefois qu’avec ses fragiles impressions d’eau,
De bruissements de fontaine, de salut, de visions
Qu’avec sa connaissance fortuite du Monde !

« L’état de Poésie » introduit « l’état d’Innocence ».
L’ingénuité de l’Enfance précède « l’état de Santé »
De l’Esprit et de disposition du Corps.
Le Monde accomplit ainsi, sur terre,
Une ronde enivrante-enivrée au sein
De laquelle l’homme revigoré et serein
Cultive l’intelligence de son Caractère.

Le Monde ainsi, qui n’existe que quelque temps durant
Pour cet homme, lui fournit, en terme de promesse,
L’Univers tout entier. Il lui fournit « ceci » car il détient « cela ».
Le « ceci » qu’il lui offre n’étant que rarement le « cela »
Qu’il détient. Quelquefois, à la mesure de son adresse,
Il arrive que le poète parvienne à calquer sur sa feuille
Ces deux « États » de liberté !

Il n’en reste pas moins vrai que
Le ressac incessant des atomes et des planètes
Se rient bien longtemps de cet « état » du Monde.
Les marées et les courants défilent comme des comètes
Dépourvues de notre « légendaire » bon sens ! Nous sommes,
Sujets des grands vents et de toute saison, les « nains »
Les plus petits de l’Univers, enivrés et repus
De notre propre vertige !

___________