Le froid a jeté son manteau
Immense dans la plaine.
Quelques oiseaux désœuvrés
N’attachent plus d’importance
À leurs petits !

Il n’existe plus que l’erreur
De croire en un jour prochain
Peut-être meilleur.
Si l’Univers court toujours
À côté de nous,

L’Amour joue un rôle plus grand
Que celui joué par Dieu le père !
L’avenir est à chacun tout comme
Le pied de vigne est fidèle
À une certaine terre !

Le froid a jeté son gilet
D’adolescent et de toute vigueur.
Le sang rouge et vif de la Jeunesse
S’entend babiller près des aisselles blondes.
Ô Chevelure et Rêve engourdis.

Quelques lumières blafardes éclairent
Les plus sombres et plus profondes cavernes.
Des rumeurs désordonnées
Assurent la réussite des seuls
Meilleurs d’entre nous.

Sûre et
Assurément immortelle
La Beauté s’insinue
Discrètement dès lors
Que quelque « Image divine » s’offre !

O belle et savante Sorcière
Votre feu a empli mon âme
Délicate et fragile
De la Foi pour ce qui est
Ou sera consumé !

Le froid a jeté son masque
De vérité.
Le froid a jeté son gilet.
Le froid a jeté son manteau
Immense dans la plaine

– Il rôde depuis peu
De pesants fauves attristés.
Quelques roses ont saigné
Cette nuit, durant notre sommeil.
Ce matin, les voilà dépeignées.

– Il n’en est rien qui puisse
Nous attrister cependant,
Le sang des Roses
Est si précieux
Aux mélancoliques animaux !

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