Après la Fête et le drame
Aussi des soirs
Que l’on regrette,
Le froid s’empare des âmes
Et des cœurs tièdes encore
De la veille ! Après le jour
S’emflamment d’étranges fleurs de rêve,
Flétrissent encore dans nos esprits
Les fleurs suppliantes !

Après le soupir forclos de
Certains soirs, la rumeur
Passagère d’un Fauve
Étourdit la plaine !
Après l’automne et l’hiver
Et le sifflement du vent
Sur les parvis de pierre,
On entend souvent le pas pressé
De la Solitude qui s’en va…

Après l’avenir le présent
Et rien n’est jamais rempli
Tout à fait. O ce vase
Défleuri du Temps défait !
Après la journée où un seul être
Cher nous a fait oublier l´Ennui
De nos Corps, la pluie épouse
L’étreinte d’un autre corps
Peut-être ou d’un autre Esprit !

Après la route que l’on suit
Et le village où l’on échoue,
C’est bientôt la Honte de ne s’abreuver
Qu’aux Fontaines désœuvrées !
Après le rire moqueur et narquois,
L’homicide tel un conte que l’on commet
En action ou en pensée,
La Flamme de l’âme et de la Foi
S’éteint sous le souffle de l’Orgueil !

Après les feuilles mortes
Qui s’éparpillent et les quelques
Feux de paille des campagnes,
L’immobile déplacement des lignes
De l’horizon stupéfie nos Consciences !
Après la Science et le Cynisme
Parfois déroutant des Hommes,
La Résurrection des Christs s’impose
À nous dans le silence et le recueillement !

Après la Fête et le drame
Aussi des soirs que l’on regrette,
Le froid s’empare des âmes
Et des cœurs tièdes encore
De la veille !

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