À une certaine hauteur de jour, telle
Une Œuvre sans cesse inachevée,
La baie bleue engloutit tout le jour
Ses blanchâtres bleuités.

Quelquefois, autant par
Nonchalance que par Indigence
D’esprit, les plaisanciers
S’en négligent. D’ailleurs,

À juste titre, pour si peu y sont-ils
Qu’ils ne s’y appesantissent.
Et puis même si la lumière
Était la plus sculptée de la journée,

Le pas des familles entières
Rejoint la côte ruisselante.
Quelque soit le temps qu’il fait,
Ou le temps qu’il fera. D’ailleurs

Nul ne sait encore si les sables
Irriteront leur peau, dorée déjà,
Ou mortifieront plutôt leurs yeux
Ébahis ou brûleront leurs pieds.

Seule, une brusque embardée
De fraîcheur marine, à ce moment
Précis, vivifie leur esprit étonné
De constater que même la lumière

À gros bouillon ne change rien, même
Le picotement de l’air n’illusionne
Plus personne, même l’azur qui s’enfuit,
Après tout, s’enfuit pour de bon.

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À une certaine hauteur de jour, telle
Une Œuvre sans cesse inachevée,
La baie bleue engloutit tout le jour
Ses blanchâtres bleuités.

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Très souvent des oiseaux de paire,
Le sachant, s’envolent à cette heure
Avancée. Et les couples qu’ils forment
À cette hauteur de jour, usent le ciel

Avec leurs ailes, avec leur courbes
S’enamourent,
Eloignent l’azur de leurs traces
Avec leurs forces.

O ces palmures lointaines pareilles
À de purs cisaillements d’étoffe.
O ces regards portés sur l’ombre
Qu’ils font quand ils se déplacent.

Et que les lignes demeurent
Après le passage des oiseaux,
Les fables de mémoire
Nous en font souvenir.

Et les enfants des plages
Au pire, s’en amusent un instant,
Comme le sable et le vent.
Et les ombres grandissent

Tout en effaçant les plus naturels
Détails. Et les jeux cessent,
Quelquefois par lassitude
Avec le sable des lagunes,

Avec les pirouettes des vagues
Enfantines. Et le soir
N’est jamais bien loin
Pour les en faire souvenir.

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À une certaine hauteur de jour, telle
Une Œuvre sans cesse inachevée,
La baie bleue engloutit tout le jour
Ses blanchâtres bleuités.

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