Nulle part autre qu’en ces lieux les draps
Ne prirent la couleur des cendres.
Nul instant autre qu’en ce jour
Les soies ne parèrent son corps.

Eut-il suffi, avec la lumière passante,
De ce lit clair dans le soleil
Afin de voir les miroirs s’éprendre
D’autre pureté ?!

Eut-il suffi qu’il y ait eu
De nombreux visages indescriptibles,
A côté des livres jamais lus,
Tout comme il y a la mer incoercible ?!

La pluie si chaude, l’été,
Tout comme le soleil rouge !
Les feuilles non loin des fleurs
Qui bougent !

 

Les arbres tout près des hommes
Réconfortants et fiers
Et les châtaignes brunissantes
Et les sourires et les ornières !

Mais que demeure plutôt la pluie,
Le salon neuf aux cent tableaux.
Que demeure derrière le piano
Cette poussière grise des murs, défaite.

Bien-sûr que le jour assainit
Nos âmes et la lumière fait
Des taches sur le buffet
De la chambre belle.

Bien-sûr que les chaises sont polies
Avec la chair des hommes satisfaits !
Mais que vienne le souffle d’un vent
S’en défier, et la terrasse se couvre de cendres !

 

Eut-il suffi, avec la lumière passante,
Avec le noir aussi s’avivant de lui-même,
De ce bleu lointain d’horizon ?!
Eut-il suffi de cet azur blond pour

Que les étoiles finissent de nous séduire ?!
Ailleurs, au fond des gorges acérées,
Des silences se font et se défont…
Ailleurs, à la cadence depuis peu brisée,

Un esprit enchanté danse
Avec le néant ! Les plages
De nos visages ont falsifié
Les couleurs du Temps !

O que cette Mort efface
Bien vite nos illusions car
Le temps qu’elle habite nos
Maisons, le soleil n’a plus face.

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