I

Une pierre, deux pierres,
Trois pierres :
Un temple.
Une porte se dresse,

Fière, en exemple.
Et des muscles de sédiment
Suintent des parois
Immenses.

Fêtes à tout jamais
Flanquées d’oubli.
Lances de marbre frais
Savamment établies.

Longs plis sinueux des rides
Supposées de la pierre.
Fastes récompenses
En forme d’excroissance.

Et la pluie et les vents
Pour compagnon de leur force !
Et les rires et les joies
Pour sujet de leur Gloire !

II

Amorce, des soirs durant,
Des jets de lance
De l’hivers.
Écorce des dalles

Monumentales.
Poudre de terre
Tout autour des
Silences.

Fièvre d’humain
Par avance de chair.
Allégresse pour perles
De mémoire !

Et croire, comme si
Cela eut pu être vrai,
Que les astres profiteraient
Aux colonnes sentinelles !

Et la Mesure, brûlant
Le regard des géomètres !
Et la brûlure croissante
Sous la lumière de l’Histoire…

III

Brebis.
Brindilles inutiles.
Roche en coup de rasoir.
Pierres immenses

Telles des assiettes de pluie.
Nulle misère, car la misère
Est d’être au monde !
Nulle prière, car aujourd’hui

Gronde le monde.
Aujourd’hui, à flanc d’espoir,
Des regards suivent
Le soir tombant…

Aujourd’hui, des pas descendent
Les marches qui ne conduisent pas.
Des gorges, à dessein d’abri, aujourd’hui,
Dressent leurs lances qui ont froid.

Il pleut du miel sur l’ardoise des toits
Tandis qu’une pierre perdue provoque l’azur !
Il pleut du miel sur l’ardoise des toits
Dans un ocquet de silence.

IV

Une pierre, deux pierres,
Trois pierres :
Un temple …