I

« En quelle circonstance
Oser rouler le monde
D’un regard inutile ?
D’une paume de main sûre,
En guise d’allégeance ? »

II

– Monts d’Ios. Faites que vos sommets
De pierre miaulent dans le soir
Avec le vent sifflant et afin
Que nous viennent par la nuit
Tant d’autres songes…

Et que vos plats d’histoire,
Desservis par les vents,
Tissent longtemps durant
Vos nappes de terre
Comme vos bancs de pierres…

Source des Cyclades ! Bien-sûr,
C’est une raison. Et ces maux
De Silence en rade, avant que
D’accoster les milices
Des grands vents…

Et qu’apprécier de plus sonore
Que ces souffles de roches
Et de pierres ? Sans mesure et
Sans haleine : Le récit de quelque
Légende, sans doute.

III

– Mer d’Ios. Faites que vos lames
Nous découvrent une Santé
Nouvelle dans l’encoignure
Des plus vastes ombres
De vos côtes !

Ailleurs, toute Joie, toute Peine
Rappelle qu’il y a de quoi
Écarter l’écoulement
Des eaux de toutes
Les brises marines…

– Cieux d’Ios.
Il s’agit bien de vous et
De ce grondement de silence,
Quand nul ne parvient
Au pied des monts !

Inutiles couleurs,
Ici et ailleurs même.
La terre brunissant
Les êtres, le ciel
Sanctifiant les murs.

IV

Roulement de pierres,
Sans compter l’impersonnelle
Poussière ! Et puis tant, et puis tant
Tel ce sifflement des herbes
Séchées, inexistantes.

Et puis tant, et puis tant
Tel ces paroles,
De branche en branche, lancées
Dans l’air, et aussitôt happées
D’un courant d’air…

– Terres d’Ios.
Faites que vos Symphonies de bruits
Et de hauts Chants réclament assez
D’énergie et de patience
Aux éléments qui vous composent.

Cette force par toute force
Accomplissant l’étendue !
Cette écorce par toute écorce
Flétrissant toute chose
Presque depuis toujours…

V

Bronches bleues de feu,
De fièvres et de lèvres
Creuses.
Et cette multitude de questions,
Qui nous vient de toute nature.

Et cette multitude de questions
Bouillonnantes, chacune face à face,
Au cœur des hauts fourneaux
De nos esprits et de nos races
Au pied des monts !

Mais qui songe encore,
Aujourd’hui,
À tant de questions inutiles,
À tant de vents dans la nuit,
À tant de pierres et de roches ?

« En quelle circonstance
Oser rouler le monde
D’un regard inutile ?
D’une paume de main
Sûre, en forme d’allégeance. »

 

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