I

Comme je prévoyais quelquefois d’autres pluies
Battantes sur les toits et dans les fontaines,
Je ne me laissais plus abuser naïvement
Par la montée soudaine des eaux !

Je préférais me laisser griser par les rires
Des enfants intrépides. Je découvrais bientôt
Les parfums des jeunes femmes aux lèvres
Exquises, à la peau mate et aux cheveux d’ébène.

II

Je choisissais de me laisser envahir par un doux
Sentiment d’apaisement. Puis, sous la pluie grise
De mes émois, je voulais le partager bien vite ou même
L’offrir plutôt comme on offre un bouquet de cerises.

J’entendais leur voix consolatrice
Dans le silence des nuits où je fuyais
Le repos. J’admirais leur regard complice
Auquel presque rien ne fait défaut.

III

Je rêvais ainsi en leur prenant la main
De continuer longtemps de les voir le lendemain.
Je m’endormais souvent à leur côté
Sans que rien au fond ne fut bouleversé.

J’applaudissais bientôt chaleureusement
Toute cette beauté environnante.
Le ciel immense était mon témoin, heureusement,
Avec la mer, derrière la rosée enivrante !

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