A six heures et demie du matin
Dans Paris désiluné
C’est la grande lessive journalière,
Le réveil des petits Cafés.

Qu’avez-vous fait cette nuit-ci
Sombre ville, vieille cité ?
Qu’avez-vous fait le long des rives
Du fier fleuve qui vous berçait ?

Ô sourde pesanteur des fêtes
À jamais retournées dans leur antre
Que sont les caniveaux
Ruisselants

De musiques légères,
De chants défaits
Et de morceaux
De verre brisés.

A six heures et demie du matin
Dans Paris désiluné
C’est l’appel au jour naissant
Des lourds visages de soirs fêtés !

Dans Paris désiluné
Presque tout à fait, c’est la tristesse
Affligeante des corps roulants
Mêlés aux papyrus…

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