I

Que d’archets, de violoncelles
Révérencieux aux mélodies,
Berce l’âme des pierres tièdes,
Attiédies par la nuit.

Les petits frissons galants
Des cordes tôt surprises
Rêvent la chair des soirs lents
Autant que des méprises.

II

Les rumeurs de conquête s’innocentent.
Les ombres rieuses flamboient par derrière.
Trop meurtris quelquefois, les âmes indécentes
Déclament leurs éclatantes prières :

Séduire et s’enchanter ou, si l’on veut,
Après avoir sommeillé le jour entier,
Saluer la mer à genoux, avec
Toutes les rivières à côté de nous.

III

Adieu saisons courtisanes
De nos musicales humeurs. Adieu
Mystères. Adieu fruits lourds
Et amers. Je vous salue Femmes

Mûris à la lumière bien tiède
Des amours accueillantes.
Et vous, Soleils somptueux : remède
Enfin aux Saisons éclatantes.

IV

Adieu sourires, paillettes d’un soir.
Et vous, inutiles feuillaisons : Espoir
Nourri et pourtant parfaitement
Illusoire.

Que d’archets, de violoncelles
Révérencieux aux mélodies,
Berce l’âme des pierres tièdes,
Attiédies par la nuit.

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