I

Les herbes toujours plus hautes
Négocient avec les vents
Au pied des rives de l’Histoire.

Et l’année qui s’est écoulée
N’a pas davantage mouillé
Nos yeux.

II

Ô livres accumulés
Au hasard des rencontres.
Ô fenêtres muettes.

Les fleurs vives et rouges
De nos songes se
Défenestrent.

III

Combien de miroirs piqués et rouillés
Accompagnent le miroir
De nos vies ?

Combien de vitres se brisent
À mesure que nos soupirs
S’allongent éperdument ?

IV

Dissimulées dans le coffre des aveux,
Tant d’herbes mouillées se sont mêlées
Aux sables des espoirs.

Calfeutrés dans le chaud duvet de la Mélancolie,
Tant d’esprits éreintés se sont consolés
Dans les replis de leurs mortes Amours !

V

D’ailleurs il n’est plus guère temps
De confesser les herbes folles,
Ni de séduire les herbes frêles.

Ô ces herbes toujours plus hautes,
Plus hautes au pied des rives
De l’Histoire.

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