Comme la pluie épouse sans cesse
D’autres santés que celles
Qui lui sont destinées,
Un couple d’été dispose
Avec paresse des gestes
D’orgueil dans le soir.

La Nature les a si bien
Constitués qu’ils sont fiers
De leur prestation.
À les voir de plus près, c’est la nuit
Qui doit leur en vouloir
De tant d’impudicité.

Mais voilà que la lune écarte
Leur chant de sa splendeur.
Et les roseaux étourdis
Dans les marais des faubourgs
S’agrémentent goulûment
De la douceur de leur chair.

Dans la pénombre
Des chambres closes
Aux volets bien tirés
Et aux miroirs endormis,
Certaines amours prennent
Leur leçon d’Éternité !

Non loin des rivières aux arbres pliés
L’Éternité, ici, se joue en un instant.
Puis, quand la Nature s’amuse
À trop enjamber la Beauté des choses,
Le couple se redresse, étourdi et malmené
De ses plus votives caresses.

 

Comme la pluie épouse…

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