Lointains Alpages
Riches pâturages,
Entendez les volets de mon Âme
Claquer d’une blancheur de page
L’hiver irradié !

Sur cet Azur mordoré
Dépliés et perdus
Lents troupeaux qui transhument
Dardez ce profil
De statue effilé,

Et ce sourire tache de sang
D’enfant,
Et cet amant sur l’herbe,
Et la palombe d’une aube exaucée
Et tout Soleil !

Broutez ce parc où le plâtre
Des ombres s’étend !
Sur les sommets de l’univers
Écoutez
La rosée des larmes et des lacs.

Vers demain où le rouge
Sûrement
Deviendra blanc
Et le Bleu peut-être
Soudain !

Là où l’instant est à la rivière
Où la Faune et l’Espérance
Aux nénuphars et aux courants
Aux rats d’eau
Aux poissons immédiats

Aux crapauds et aux fougères,
Aux marais et aux dépôts
De pierre,
À la lumière
Et au calcaire de Midi.

Lointains Alpages
Riches pâturages,
Entendez
Les libations crépusculaires
Des gorges bien engorgées de miel.

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