Dans les bois monotones
Et profonds de l’automne
Grisaille chaque fil d’eau
Comme un cil d’homme.
Les feuilles d’arbre bleues
Sont des ailes d’oiseaux
De givre. Souvent, l’hiver,
Les enfants petits s’en négligent,
Sautillent parmi les brumes
Éparses de l’aube.

Dans le ventre souterrain
De nos majuscules Cités
Les courbes frêles de la pluie
Ont des jambes de rêve,
S’épanchent aux vents
Rances des Saisons, s’égayent
Aux Soleils. Ô traces
Des vieux quartiers non loin
Des rivières de miel de l’été et, durant
L’hivers, des grèves recouvertes de Neige.

Mais sans y prendre garde
Au reste même
Nos pâles visages
D’homme
S’enflamment
Comme l’ivresse !
Ô cet œil bleu,
Terne souvent,
Presque vert
D’automne.

Et l’enfant s’est enfin
Retourné dans son lit.
Avec ses rêves un peu fous,
Il a goûté aux plumes des oiseaux.
Leur vol l’a emporté qui sait où…
Maintenant,
Dans son fol esprit
Bat tranquillement
L’humide forêt
Du Monde.

Et
Tandis que
Les brouillards
Des sous-bois
De loin en loin
Bivouaquent,
La lumière modeste
Du jour redescend
Lentement parmi
Les autres hommes …

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