Certaines ont le visage candide des anges,
D’autres la malice plutôt des jeunes enfants.
De grands yeux sont souvent leurs premiers charmes.
Quant à leurs lèvres, il en est qui vous désarment.

– Ne nous souriez plus,
Si belles que vous êtes alors parvenues.
Et cette beauté éblouissante, en nous blessant,
Récompense notre fierté.

Certaines d’entre vous partageraient volontiers
Un petit bout de leur âme
Pourvu qu’en retour longtemps
Vous fussiez adulées !

– Ne nous soumettez plus
Au supplice de votre beauté.
Nous savons, et nous en délectons,
Combien la Nature vous a nanti

D’une peau aux pétales de roses,
De cheveux parfumés
Aux sombres essences,
D’une allure aux courbes fières

Et de tant d’autres ailes
Qui rendent encore au ciel
Votre vol si gracieux
Et si délicieux !

Combien de jours, dites-nous,
Vos lèvres rouges incendient-elles
Les vagues impétueuses de nos ardeurs
Sur la cendre même de nos âmes ?

Certaines d’entre vous se baignent bientôt
Après s’être longtemps séchées au soleil.
D’autres préfèrent épouser longuement le premier jour
Conquérant qui sait leur assurer une beauté sans partage.

Beaucoup préfèrent s’assoupir afin d’oublier de penser
Qu’elles ne sont pas belles autant qu’elles le voudraient.
Mais enfin certaines ont le visage candide des anges,
D’autres la malice plutôt des jeunes enfants…

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