I

Son doux regard blond s’est enfui
De la ville d’où tout s’égare
Du reste depuis.

Les sables des grèves lointaines
Et bleues font onduler ses reins
Et ses gestes et ses yeux.

Est-ce son sourire immaculé qui quelquefois,
Des liens remodelés de l’Enfance,
Nous berce l’esprit ?

II

Mais qu’est-ce qui louvoie davantage sur les ports
Ou dans les cités de magnificence :
La Vie, la Mort ?

Toute cette farce à jouer en commun
Tandis qu’un simple signal de l’archet
Organise bien vite la suite…

Faut-il croire à la sourde apesanteur
Des cuites et des visions
Chasseresses ? Certes non.

III

Mais que fait donc ce tronc d’arbre sinistre,
Posé derrière nous, sur les herbes
Glauques et tristes ?

Le cri d’un animal, une parole inespérée,
Le sel inouï des larmes de l’enfance, ou
Rien de tout cela, peut-être rien !

Dites-moi plutôt bien vite : Quel pouvoir
Avons-nous décidément et qu’en est-il de
Nos pas incertains dans le soir ?

IV

Et puis, encore et toujours, ah
La chose la plus simple : – En nuit noire
Votre jour ne se mue-t-il pas ?

Puis, finalement balancée de branche
En branche, vous souvient-il parfois
Combien votre regard immense

Me fut complice malgré toutes
Les chutes, les blessures, les déroutes
Que rien n’a su retenir ?!

V

Son doux regard blond s’est enfui de la Ville
D’où tout s’égare du reste
Depuis.

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