Le miroir qui partage son visage,
Ses épaules, ses bras, tout son corps,
Laisse entrevoir sa silhouette sage
Dans le hall où tout peut arriver…

Sur le lit, brûlé l’autre nuit des petites flammes légères
De baisers improvisés, elle s’étend langoureusement.
Dans l’autre pièce, les verres s’entrechoquent entre
Les mains des convives qui l’ignorent complètement.

Et pourtant, depuis ce matin, un soleil étincelant
Réchauffe ses jambes qui n’en demandent pas tant.
Sur les lames froides et douces des planches
De parquet circule  un grand Désir de bien-être.

Non loin des tapis, dans la senteur âcre du bois et le petit
Courant d’air frais, (lui, bien libre de se faufiler tel un voleur
De parfums et de frissons), elle pose un bras nonchalamment
Le long des montants glacés du lit, à sa portée.

Enfin les miroirs normaux au plan du parquet,
Se souviennent longtemps, comme des photos
Décalquées, des embrassades folles et hardies,
De tout l’érotisme des portes ouvertes

Et des fenêtres légères aux vitres éblouis.
Tout cet élan qu’il faut prendre bien vite
Sur le seul fil de la tranche de nos Vies ! Et,
Pour peu que l’un ou l’autre n’eut laissé le lieu

Sans y toucher, le miroir qui partage au mieux
Son visage, ses épaules, ses bras, tout son corps,
Nous eût averti bientôt de son avenir, hélas incertain,
Dans le hall où tout aurait pu arriver.

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