Dans les bois monotones
Et profonds de l’automne
Grisaille chaque fil d’eau
Comme un cil d’homme.
Les feuilles d’arbre bleues
Sont des ailes d’oiseaux
De givre. Parfois, l’hiver,
Les enfants petits s’en négligent,
Sautillent parmi les brumes
Éparses de l’Aube.

Sur l’asphalte glacé et
Glissant de nos vieilles Cités,
Les courbes frêles de la pluie
Ont des bras et des jambes qui
N’en finissent pas, s’épanchent
Aux vents fiers des Saisons,
S’écaillent aux Soleils !
Ô traces des vieux quartiers
Enfouies sous les pavés de pluie
De neige et de lumière.

Mais depuis que la pluie a cessé,
Ce sont les arbres qui pleuvent
Indifféremment, telles des larmes
D’enfants attristés. En passant,
Ils ont goûté goulûment les ailes
Des oiseaux transis. Après
Quoi, c’est presque
Certain, au sein chaud
De leurs branches, battra
L’humide forêt du Monde !

Puis, lors de cet avènement,
Et tandis que des brouillards
Improbables bivouaqueront
De loin en loin près des fontaines,
La lumière modeste du jour
Délicate, fragile, belle
Et totalement vierge,
Inexorablement
Redescendra parmi
Les autres hommes.

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