I

Pierre
Dure
Que le
Soleil
Détruit.
Confort et
Désarroi
Du
Ressac.

L’ombre
S’empare des
Campagnes
Soumises
Depuis
Que la
Passion
des Insectes
S’érotise.

La rue
Déserte des
Dimanches
Soupire puis
Frissonne
Juste avant
Qu’il ne pleuve.
Banc mouillé
Pour s’asseoir.

Arbre pour
méditer.
Silence
Improvisé
Du vent
Attendri tel un
Requiem
Dans la nuit
Immense.

Mer
Soleil
Brouillards
Des Océans.
Grève
Chaise inerte
Silhouette
Sous les
Tonnelles.

 

II

 

Femme
Élégante
Que les mains
D’homme
Façonnent.
Architecture
Frêle.
Fenêtres
Délicates.

Et
Parmi toute
Cette Jeunesse
La Fleur
Verticale
Et blessée
Derrière les
Manches de
Soie.

Et leurs
Chants
Tourmentés
Tournent
Comme des
Échos.
Serres où
L’on abrite
Les abricots.

Ciels
Sans traces naissantes.
Roses
Resplendissantes
Dont les
Épines
Sont
Les couleurs
De l’arc-en-ciel.

Terre
Eau
Branches
D’arbrisseaux
Dont se servent
Les oiseaux
Dans leur Exil
Leur envol
Immobile.

 

III

 

Jardin
Sans jardinier.
Ciel sans
Mouvement
D’horizon.
Filles sans
Souvenir
Ni fierté de
Leur progéniture.

Mer
Soleil
Brouillards
Des océans.
Pierre grise
Dure et
Que la
Lumière
Fragilise.

Et l’orage même
De quelque soir
Nous occulte
Souvent leur vue.
Délices de
L’errance.
Vierge noire
À l’Enfant
Statufiée.

Coupole
Verticale
Au-dessus
De laquelle
De grands
Oiseaux
Majestueux
Et inutiles
Fendent l’air.

Le son des cloches
Désormais
Se distingue assez bien
Des fiers bramements
De cerfs.
Les troupeaux
Qui transhument
N’ont que faire
Des chiens errants.

 

IV

 

Et depuis que
Les grands bois
N’ont plus d’écho
À se mettre
Sous terre
On peut profiter
En solitaire
Des mots imprononcés
Du crépuscule.

Et
Depuis la
Nuit des
Harmonies
Sans vertu
Naissent les
Silencieux
Tumultes
Des souvenirs.

D’ailleurs
Les cieux
Bleus
Conséquemment
Mystérieux
Souffrent
En raison de
Leurs feuilles
De néant.

Bise
Du
Soir
Que la
Lumière
Exorcise.
Brouillards
Pourtant que rien
N’autorise.

Flots
Renaissants
Et fiers
Des
Cendres
Grises
De
La
Mer.

 

V

 

Remparts
Sous
Les colonnades
Les ruines.
Silence
Immense
Que l’aurore
Nouvelle
Nous apporte.

Masques
Multicolores
Dont
Quelques-uns
D’entre nous
Se sont pourvus.
Regards
Flasques
Sans expression.

Corps
Déposés
Au pied
Des rivières
En dépit
Des matins bien froids
Ou bien même
Des aubes
Promettantes.

Nudité
Enviée
Des majestueux
Mammifères.
Chairs de pierre
Pierre de sang.
Volonté
Inhérente
À toute force.

Temples et
Palais dont
La rosée
Des
Petits
Matins
N’ignore
Pas
La décrépitude.

 

VI

 

Feuilles
Presque
Rigides
Qui virevoltent
Dans cette
Panoplie
D’hommes et
De femmes
Enlacés.

Et
Les plus petits
Animaux
Ont perdu
Pied
Sur la terre
Vierge
Des collines
Infréquentées.

Et le jour
Qui renaît
A pris
La posture
Inutile et
Prétentieuse
Sans vertu
Des humeurs
Bienveillantes.

Source
Cours d’eau
Et de Soleil.
Mer
Au dessus de
Laquelle
Louvoient
Les grands oiseaux
Migrateurs.

Caresses
Ondoiements
Des courtisanes.
Ululement sordide
Non loin
Des lunes
Froides
Presque
Diaphanes.

 

VII

 

Sang
Vermeil
Battant
L’infini
Indésirable :
Ô merveille
Des
Vagues
À venir.

Veine bleue.
Pierre dure.
Soif et
Désaltération.
Courant blanc
Argenté
Des torrents
Tumultueux et
Des chutes violentes.

Couleurs
Détendues
Des
Natures
Tranquilles.
Exode
Déchirure
Qui tellement
Soulage.

Fleurs
Aux Nattes
Des
Filles.
Sentiers
Battus.
Rumeurs
Senteurs
Voulus

Et tous les insectes
Qui restent
Pour mourir
Profitent un peu tard
De leurs ailes
Qui s’entrouvrent
Encore une dernière fois
Juste avant leur
Dernier Hivers.

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