I. Ciel imaginé. Vitiano, Arezzo, le 26/8/1984.

Avec les routes lentes,
Avec les terriers et les sentes
Fourbes, il nous faut rompre à ce jour
La tradition de l’exil. Avec les pentes
Du val qui font penser aux saisons,
Il est sans doute moins gratifiant de méditer
Seul sur la frivolité des jeunes filles, que de
Partager ensemble les fruits de la fertilité des sols.

Exil de l’exil
Sous la voûte des mondes.
Eclair de l’envol
Au ciel imaginé !

 » Avec leurs yeux gainés d’effroi,
Avec leurs battements d’aile,
Avec leurs stances qui font ce poème
Religieux … ».
L’éclair de l’exil,
L’exil de l’envol
Pour les oiseaux
Généreux !

Maintenant qu’ils se dévoilent
Mutuellement leur âme
Leur corps invoqué,
En d’autres lieux
Ils échangent des liqueurs
Désirables par avance
De palmes, clins
De vent proféré.

L’envol de l’envol
Dans cette bouffée de vent chaud.
L’exil de l’exil
Sous la lumière confondue.

Maintenant, qu’avec le magnétisme
Des pôles, ils s’interposent
Entre les cercles de lune
Qu’ils croisent dans la nuit,
Ravissants ils deviennent,
Sont dès lors parvenus,
Ils éreintent leur vol !
Ils éreintent leur vol !

Et maintenant qu’ils achèvent
De s’écarter les uns des autres,
Sous les raies de lumière du jour,
Avec les bruines légères
Qu’ils emportent avec eux
Ou avec les courants d’air,
Ils consument leur exil !
Ils consument leur exil !

Azur de l’azur,
Eclair de l’envol
Pour ces oiseaux
Empaillés !

Et qu’enfin ils ravissent les cieux
Avec leurs bagues d’yeux,
Par tout temps cerclent les lieux
Qu’ils traversent !
Trois à trois fondent leur coin
D’azur, par toute saison,
Oiseaux d’effroi,
Ils érigent leur palmure !

Oiseaux parmi tous les oiseaux,
Ils cultivent cet entendement
Particulier de leur nature
Qui fait qu’ils se répondent,
Achèvent leur migration
Sous le duvet douillet
De leur vol lent, rapide,
Immobile.

L’azur à tout jamais
Dans ce bleu
Presque turquoise
L’azur à tout jamais.

Et, puisque certains vents
Provoquent certains
Nuages blancs,
Par dessus leur regard
Se détachent leurs ailes
De la nuit,
Ils éreintent leur vol !
Ils consument leur exil !

Avec les routes lentes,
Avec les terriers et les sentes
Fourbes, il nous faut rompre à ce jour
La tradition de l’exil. Avec les pentes
Du val qui font penser aux saisons,
Il est sans doute moins gratifiant de méditer
Seul sur la frivolité des jeunes filles, que de
Partager ensemble les fruits de la fertilité des sols.

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