I

Il y a un lieu où la mer s’interrompt
Au pied des pieds d’hommes éreintés.
Un lieu où les barques jonchent le sable,
Où les corps les plus flasques brunissent
Au sein des pierres les plus vastes
Pour la reproduction des ombres.

Il y a un lieu où s’engagent les leçons
D’hommes. Un endroit particulier
Où la jetée s’indigne, effarée.
Une place dépourvue de santé,
Où les cordes des chalutiers flottent.
On dirait presque la Beauté !

II

Non loin il y a la grève où dansent
Toutes les flétrissures noircissantes.
Est-ce la falaise qui s’afflige
Des mourantes coutumes d’eau
Ou les chevelures noires des filles plutôt
Qui assombrissent les côtes ?

Et la mer donne réponse
Aux promeneurs qui s’interrogent.
Et ses flots donnent réponse
Aux savants porteurs d’ivoire.
Il y a un lieu où la mer s’interrompt
Au pied des pieds d’hommes éreintés.

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