La Nature vous a accueillie, tout juste, à peine,
Depuis quelque temps seulement que vous êtes née.
Vos parents vous ont prénommée Maëlys
Et votre sourire d’enfant les a bientôt comblés.

Les jours et les heures gentiment s’écoulaient.
Les nuits et les petits matins vous entouraient
Avec, de lin et de soie, leurs voiles protecteurs.
Vos yeux brillants faisaient la fierté de vos parents.

Une étoile filante dans le ciel incertain
Voilà peut-être ce que vous étiez lors, tandis
Que votre enfance égrenait patiemment
Les plus belles choses de la vie.

Les rivières couraient dans leur lit tandis qu’au fond
D’elles, les poissons argentés vous enchantaient.
Vous grandissiez lentement, comme il se doit d’ailleurs,
Et vos Jeux n’avaient de cesse d’allumer votre coeur.

Même la pluie vous amusait, comme le sable fin
Des plages, lorsque vous jouiez avec les coquillages.
Je vous imagine non loin des montagnes
À rêver de ce que sera votre futur.

Tous les éléments étaient réunis pour que
Vous vissiez tant d’autres choses encore.
Et les rosiers aux grands parfums
Et les petits chats et les petits chiens …

Votre coeur d’enfant battait à tout va. Et vos yeux
De porcelaine brillaient, de-ci-de-là, lorsqu’ils voyaient
Le vent dans le ciel jouer avec un petit cerf volant,
Tandis que vos parents vous autorisaient à courir…

Mais dans vos courses folles, il y eut cependant « quelqu’un »
(Que dis-je ?!, je ne saurais le nommer ici), qui en décida autrement.
Et tout cela fut si subit que la Nature toute entière,
À cet instant précis, fut saisie d’effroi.

Nul ne veut savoir désormais comment cela fut possible.
Les événements ont lieu sans raison. Mais qu’il est difficile
Après certain d’entre eux, apparemment impossible,
Simplement de les accepter sans être affreusement meurtri.

L’Avenir est à personne, bien-sûr.
Ni à vous, Maëlys, ni à moi
Qui vous écris ces quelques mots.
Mais aujourd’hui nous savons bien tous

Que le sable des plages est plus dur
Qu’hier, plus dur que jamais, maintenant
Que vous n’êtes plus à jouer dessus, Maëlys,
Éternellement, éternellement…

 

« En hommage à la petite Maëlys, disparue fin Août 2017, lors d’un mariage, puis retrouvée morte, six mois plus tard, assassinée de façon infâme et barbare par un être infâme et lâche. »